Couvent franciscain Sainte-Marie d'Esztergom (1)

Rédaction : Terminée

1 - Identifiants et bref historique du couvent


Identité

Auteur principal : de CEVINS Marie-Madeleine
Auteur(s) secondaire(s) :
Ordre : OFM
Numéro sur les cartes : 202
Coordonnées (lon,lat) : 18.739675,47.790276
Fonction du couvent :
Proximité lieu de rassemblement :
Présence d'un autre couvent mendiant : Oui

Carte

Résumé

av. 1235 Fondation du couvent franciscain d'Esztergom, l'un des plus anciens de la province de Hongrie, peut-être par le roi Béla IV

v. 1260 Reconstruction du couvent et de l'église à l'initiative du roi Béla IV, qui s'y fit ensevelir, de même que son fils Béla et son épouse Marie Laskaris

av. 1300 Ce couvent devient le siège de la custodie d'Esztergom

1448 Transfert du couvent à l'Observance

Entièrement détruit pendant l'occupation ottomane.

Localité

Localité actuelle : Esztergom
Localité en allemand : Gran
Localité en hongrois : Esztergom
Localité en latin médiéval : Strigonium
Type de localité : Cité épiscopale
Sociographie de la localité : Membre(s) du clergé séculier intermédiaire

Custodie - Province - Pays

Custodie : Esztergom
Province mendiante en 1500 : Hongrie
Province mendiante entre 1220 et 1550 Année début Année fin
Hongrie
Pays actuel : Hongrie
Pays entre 1250 et 1550 Année début Année fin
Royaume de Hongrie

Fondation

Début date de fondation : 1230
Fin date de fondation : 1235
Date de fermeture : 1448

Première mention écrite de ce couvent : 1235.

Transfert aux Franciscains observants ordonné, après enquête, par l'archevêque d'Esztergom le 11 octobre 1448.

< KARÁCSONYI I, p. 166

Fondateur

Sociographie : Roi ou prince

Couvent de taille imposante à en juger par les nombreux chapitres provinciaux qu'il abrita (1336, 1354, 1357, 1368, 1378, 1380, 1426), ainsi qu'un chapitre général (1379).

< KARÁCSONYI I, p. 164

2 - Documentation connue sur le couvent


Bibliographie générale

KARÁCSONYI János, Szent Ferencz rendjének története Magyarországon 1711-ig, Budapest, 1922-1924, t. I, p. 161-166

KÓSA Eugenius, Antiquarii provinciae sanctae Mariae in Hungaria ordinis Minorum a.p.n. Francisci strictioris observantiae collectanea 1206-1774 [inédit], p. 110-111, 448

ROMHÁNYI Beatrix, Kolostorok és társaskáptalanok a középkori Magyarországon, Budapest, 2000, p. 24

Sources

Sources manuscrites :

Magyar Nemzeti Levéltár [Archives Nationales Hongroises], Országos Levéltár (Budapest) :

  • DF 275641 (= interdiction pontificale de construire un autre couvent à proximité, 23 mars 1261)
  • DL 7334 (= conflit avec le curé de Tata, 16 décembre 1387)

Sources imprimées :

FEJÉR György (éd.), Codex diplomaticus Hungariae ecclesiasticus ac civilis, Buda, 1829-1844, t. X, vol. 2, p. 792-795 (= indulgences pontificales de 1400)

Historiae Hungaricae Fontes Domestici, pars I (Scriptores), vol. III-IV, Budapestini, 1884-1885 :

  • vol. III (Chronicon Dubnense), p. 105 (= récit de la sépulture de Béla IV et du conflit avec l'archevêque Philippe) et p. 158-159 (= récit du voeu de Louis Ier et du don de la chaîne en or)
  • vol. IV (Chronicon Posoniense), p. 36 (= sépulture de dame Agathe)

NAGY Imre, DEÁK Farkas, NAGY Gyula (éd.), Hazai oklevéltár (1234-1536), Budapest, 1879, p. 276-277, n°257 (= testament de Nicolas de Baracska, 1364)

KNAUZ Nándor, DEDEK Crescens Lajos et alii (éd.), Monumenta Ecclesiae Strigoniensis, Strigonii-Budapestini, 1874-1999, 4 vol. (979-1358), vol. II (1882), p. 71-73 n°54 (= testament du prévôt cathédral d'Esztergom nommé Ladislas, 23 mars 1277, transcription de 1331)

KUBINYI Ferencz (éd.), Codex diplomaticus Arpadianus. Árpádkori oklevelek I (1095-1301), Pest , 1867, p. 119-121, n°142 et 143 (= partage de ses biens par noble Gotthard de Ludány, frère mineur à Esztergom, authentifié vers 1280)

MÁLYUSZ Elemér, BORSA Iván (éd.), Zsigmondkori oklevéltár, Budapest, 1951-1958, I, n°342 [reg.] (= conflit avec le curé de Tata, 16 déc. 1387)

MÁTYÁS Flórián (éd.), Historiae Hungaricae Fontes Domestici, Quinqueecclesiensi, 1881-1885, 4 vol., vol. III, p. 158 (= don par le roi Louis d'une chaîne en or en 1352) et vol. IV, p. 36 (= transfert de la sépulture d'Agathe en 1391-1393) (?)

Monumenta Vaticana Hungariae. Vatikáni Magyar Okirattár, Series I, Budapestini, 1887-1891, t. IV, p. 201-202, n°252 (= indulgences pontificales de 1400)

TELEKI József (éd.), Hunyadiak kora Magyarországon, Pest, 1852-1863, vol. X, p. 233-236, n° CXI (= liste des "abus" signalés au légat Carvajal, 25 juin 1448, document provenant de KÓSA)

    3 - Discours et normes économiques des frères du couvent


    4 - Décideurs, agents et intermédiaires économiques


    Patronus

    Identité Lignage Origine Commentaire
    Béla IV, roi de Hongrie Arpadiens Roi ou prince

    Le roi Béla IV se montra apparemment très généreux envers le couvent franciscain d'Esztergom et son église (voir l'extrait de la Chronique de Dubnić cité infra : quam ipse dominus rex Bela adhuc vivens sumptuoso opere et pulcro fecerat inchoari).

    Dès les années 1260, ce couvent servit de nécropole (non pas dynastique mais) royale, à l'initiative du roi Béla IV et avec le concours des frères mineurs : si Béla IV fit reconstruire le couvent et surtout l'église, grandiose, c'est probablement déjà dans cette intention. Il fit ensevelir dans l'église franciscaine son fils le prince Béla (1269), y élit sépulture pour lui-même (mai 1270) et son épouse Marie Laskaris l'imita avant de mourir (juin 1270).

    Mais les frères durent faire face aux prétentions de l'archevêque d'Esztergom Philippe Türje, jusqu'à sa mort en 1272. Celui-ci ayant ordonné le transfert de la dépouille de Béla IV dans sa cathédrale, les frères portèrent l'affaire devant le pap,e qui leur donna raison, au motif que cela faisait partie des dernières volontés du défunt. Ils placèrent la tombe de Béla IV devant l'autel de la Vierge.

    Après quoi, vers 1276, les frères recueillirent des fonds pour faire ériger une pierre tombale de marbre en l'honneur des trois défunts, pierre sur laquelle ils firent graver une épitaphe louant le règne de Béla, selon la Chronique de Dubnić :

    Et sepultum est corpus eius Strigonij in ecclesia Fratrum minorum constructa ad honorem Virginis gloriose, quam ipse dominus rex Bela adhuc vivens sumptuoso opere et pulcro fecerat inchoari. [Suit le récit de l'enlèvement du corps par l'archevêque Philippe, qui le fit mettre dans sa cathédrale, puis de l'appel au pape]. Super quo facto coram sumpno pontifice causa diutius ventilata, Fratres minores cum honore maximo rehabere ex integro meruerunt, et coram Virginis ara gloriosius condiderunt, ubi hy pulcri versus continentur :

    Aspice rem caram, tres cingunt virginis aram,

    Rex dux regina quibus assint gaudia trina

    Dum licuit, tua dum viguit rex Bela potestas

    Fraus latuit, pax firma fuit, regnavit honestas.

    < KARÁCSONYI I, p. 162-163 ; Historiae Hungaricae Fontes Domestici, vol. III, p. 105.

    5 - Biens et revenus fonciers (stables) du couvent


    Nom : Tata (curia)
    Première mention : 1387
    Provenance : Donation
    Distance : 45 km
    Evolution :

    La possession de la ferme de Tata fut immédiatement contestée aux frères.

    En décembre 1387, ils étaient en procès contre le curé de Tata, Benoît, successeur de Jean, recteur de l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Tata, au sujet de la ferme de Tata (quandam curiam suam in eadem Tata patrimonialem).

    L'affaire fut portée devant le vicaire général de l'évêque de Győr, le chanoine lecteur de Győr nommé Michel . Le 16 décembre 1387, les Franciscains d'Esztergom (représentés par le frère Michel) et les Ermites de saint Paul de Csatka (par Nicolas) lui exposèrent les faits. Selon eux, feu Jean aurait légué cette ferme par testament aux frères mineurs d'Esztergom ainsi qu'aux ermites pauliniens de Csatka - cette mise sur le même plan des 2 ordres est intéressante en soi [MMdC] !

    Mais le nouveau curé, Benoît, prétendit que cette ferme appartenait au temporel de la paroisse, parce que le défunt avait prévu qu'il la conserverait tant qu'il serait vivant, lui ainsi que sa mère, et qu'ensuite elle reviendrait à la paroisse :

    quod predictus fundus curie olym per priorem plebanum ipsius ecclesie sancti Iohannis, Iohannem nomine, taliter dispositum extitisset, ut iamdictus dominus Iohannes plebanus ultimus solum usque ad vitám suam et matris sue ipsum fundum curie voluisset possidere et ipsis decessis ac de medio sublatis ad ecclesiam sancti Iohannis devolvi debuisset, quod per testes ydoneos probare assumpsit.

    Il affirmait avoir de nombreux témoins, dont le dernier confesseur du curé Jean, le prêtre Grégoire.

    Ces témoins furent convoqués pour le 13 janvier suivant (1388).

    On ignore quelle fut l'issue de la procédure.

    < MNL DL 7334 ; Zsigmondkori Okl, I, n°342

    Bilan

    Jusque dans les années 1280, on ne trouve pas trace de biens fonciers appartenant à ce couvent. Néanmoins, il est possible que des nobles y soient entrés avec une partie de leur patrimoine :

    "Noble" Gotthard de Ludány, entré sans doute depuis peu chez les Frères mineurs d'Esztergom, fit valider vers 1280 par l'évêque de Nitra nommé Vincent, puis par le chapitre cathédral d'Esztergom :

    • la mise en vente de ses biens fonciers à ses proches, notamment avec sa belle-sœur, veuve du "comte" Csaba (Chaba), à qui il vend pour 50 marcs sa terre de Prezlen
    • l'échange d'autres terres avec ses neveux, qui lui cèdent 2 terres situées dans le comitat de Somogy, contre 3 terres dans le comitat de Nitra ; 2 terres (Szemerekerék /Scemurekereky et Kőröshegy / Keurusheg) dont on ne dit pas qu'elles seront vendues par Gothard au profit de son couvent (évident ?) ou données et conservées par celui-ci.

    Aucun don au couvent d'Esztergom n'étant mentionné dans cette charte (dans ses deux versions), il est probable que ces terres (ou le produit de leur vente, sachant qu'elles se trouvent à plus de 150 km d'Esztergom) a été remis au couvent par Gotthard - sauf propriété ou jouissance individuelle (!) [MMdC].

    < KUBINYI (éd.), Codex diplomaticus Arpadianus, I, p. 119-121, n°142 et 143

    6 - Biens et revenus non fonciers du couvent


    Type de bien : Objets précieux
    Date de mention : 1352
    Provenance : Don
    Revenus : 404 florins
    Observations :

    Don effectué le 29 juillet 1352 par le roi Louis Ier, effectué devant témoins dans la maison de Thomas Csór, d'une chaîne en or d'une valeur de 404 florins ; en échange, le roi demande aux frères d'être enseveli dans l'espace conventuel et de prier pour le salut de son âme.

    < KARÁCSONYI, I, p. 164 ; Historiae Hungaricae Fontes Domestici, vol. III, p. 159

    Bilan

    • Effondrement des aumônes à la veille du transfert à l'Observance en 1448 ?

    C'est ce que prétendent les détracteurs des frères mineurs d'Esztergom, selon la charte du légat Carvajal du 25 juin 1448, qui rapporte que les "abus" des frères de ce couvent (comme de trois autres couvents franciscains) avaient terni leur image auprès des fidèles, qui ne leur faisaient pratiquement plus de dons :

    quodque propterea Christifidelium eleemosiinarum largitio, erga fratres ipsos in dies tespescit et se ab ipsis retrahentes, modicam aut nullam ad eos habent devotionem.

    < TELEKI (éd.), p. 234 ; KÓSA (éd.), p. 110-111

    7 - Structure des dépenses du couvent


    Bilan

    Une mauvaise gestion à la fin des années 1440 ?

    Le 25 juin 1448, le cardinal légat Jean Carvajal rapporte les accusations exprimées auprès de lui par le gouverneur Jean de Hunyad et les grands du royaume, selon lesquelles les frères de ce couvent - comme ceux de Debrecen, de Lipova / Lippa et de Satu Mare /Szatmárnémeti [il s'agit donc d'une liste stéréotypée] - s'écartaient de la tradition de saint François,

    • par leur vie relâchée (propter dissolutam et inordinatam vitam)
    • par le déclin du culte divin, acentué notamment :
    • par la négligence dans l'entretien des bâtiments (ipsaque domus et conventus in suis structuris et edificiis ruinam minantur...)
    • par la dilapidation des objets liturgiques de grande valeur (vaisselle et parements) que leur avaient donnés les rois (... ac omnia res et bona hujusmodi ad cultum divinum ut premittitur deputata fere distracta, alienata et per ipsos fratres vendita et ad alienas manus deducta reperiuntur)

    Tout cela nuisait fortement à leur image auprès des fidèles, lesquels ne leur faisaient par conséquent plus d'aumônes (voir supra).

    Le cardinal Carvajal demande à l'archevêque d'Esztergom d'inspecter le couvent pour vérifier ces manquements et décider de l'éventuel transfert du couvent aux Observants.

    < TELEKI (éd.), Hunyadiak kora, X, p. 233-236, n° CXI

    Après enquête, l'archevêque d'Esztergom décide de transférer le couvent d'Esztergom aux Observants le 11 octobre 1448.

    < KÓSA, p.108-113 (éd. : 109-113)

    8 - Cadre de vie des frères : bâtiments et équipement


    Eglise conventuelle

    Période Etat Equipements Phases Obs.
    années 1230 puis années 1260

    Aucun vestige médiéval. L'église reconstruite en 1697 pour les Franciscains se situe quelques dizaines de mètres à l'est de l'église originelle.

    Obs. :

    En 1448, comme dans trois autres couvents (voir supra), les frères d'Esztergom furent accusés de laisser les bâtiments se détériorer et de dilapider les objets liturgiques donnés par les souverains et autres donateurs de haut rang.

    < TELEKI (éd.), Hunyadiak kora, X, p. 233-236, n° CXI ; KÓSA, p.108-113

    Agrandissement

    2 phases :

    1. une première construction, modeste, dans les années 1230
    2. une reconstruction beaucoup plus imposante (décidée par Béla IV dans l'intention de s'y faire ensevelir) dans les années 1260

    Bâtiments conventuels

    Etat

    Aucun vestige médiéval.

    L'actuel Lycée Franciscain Temesvári Pelbárt se situe à proximité immédiate de l'ancien cloître.

    9 - Economie du salut


    Tombes

    Date réalisation Qualité Identité Condition Sociographie Emplacement Observations
    1269 Béla, prince arpadien Laïcs Roi ou prince Église : choeur
    1270 Béla IV, roi de Hongrie Laïcs Roi ou prince Église : choeur
    1270 Marie Laskaris, reine de Hongrie Laïcs Roi ou prince Église (sans précision)
    1364 NIcolas de Baracska, familier du roi Louis I Laïcs Aristocrate(s), baron(s), magnat(s) Église (sans précision)
    1391 ca Agathe, veuve d'un noble de Syrmie Laïcs Noble(s) de niveau intermédiaire ou inférieur Église (sans précision)

    Entre 1391 et 1393, la tombe d'Agathe, veuve d'un noble bienfaiteur du couvent de Sremska Mitrovica (en hongrois Szenternye), en Syrmie, étant menacée par l'avance ottomane, elle fut transférée du couvent de Sremska Mitrovica à celui d'Esztergom, d'après la Chronique de Presbourg :

    In qua ecclesia etiam nunc domina Agatha, cuius ossa de sancto Yrineo de ecclesia Fratrum minorum contumularunt, requiescit.

    < Historiae Hungaricae Fontes Domestici, vol. IV, p. 36

    1350 ca Louis I d'Anjou, roi de Hongrie Laïcs Roi ou prince

    Au siècle suivant, le roi Louis le Grand aurait émis en 1350 le voeu d'être enseveli dans ce couvent au moment où il fut blessé à Aversa. Le don d'une chaîne en or aux Franciscains d'Esztergom qu'il fit en 1352 peut s'expliquer par la poursuite de ce projet - non réalisé.

    D'après la Chronique de Dubnić, il aurait prononcé ce voeu :

    " Deus scit quod tota anima mea in manibus Fratrum minorum est: ideo postquam me mortuum videris accipe caput et cor meum, et porta matri mee, et postquam me amarisse defleverit, sepelias in Strtigonio circa sepulcrum regis Bele in ecclesia beate Virginis ordinis Fratrum minorum, in qua pro nunc et semper eligo sepeliri."

    < KARÁCSONYI I, p. 164 ; source : Historiae Hungaricae Fontes Domestici, pars I, vol. III, p. 158-159.

    Le don de la chaîne en or est directement lié à l'intention de se faire ensevelir dans ce couvent. Il est présenté comme la preuve de cette intention : la phrase concernant le don suit immédiatement le voeu d'Aversa et le geste est décrit comme en apportant la preuve :

    Cuius probacio manifesta ex hoc habere disnoscitur, quia rediens in Hungariam [...] dedit eidem unum cingulum cathenarum aurearum de puris quadringentis et quatuor florenis fabricatarum ut ipsum tanquam ibi sepeliendium Fratres claustri supradicti haberent recommendatum.

    < Historiae Hungaricae Fontes Domestici, pars I, vol. III, p. 159.

    Bilan

    Au total, au moins 3 tombes royales ou princières, dès 1269-1270 : les tombes de Béla IV (1270), de son fils le prince Béla (1269) et de son épouse Marie Laskaris (1270) (non conservées), une tombe d'aristocrate (Nicolas de Baracska, 1364) et une tombe noble (Agathe, 1391-1393).

    Il est possible que le droit d'ensevelir des défunts non membres de l'Ordre ait été contesté aux frères de ce couvent au début du XVe siècle :

    En 1434 (10 mars), le custode d'Esztergom nommé Jacques et le gardien du couvent nommé Blaise de Nitra demandent au chapitre cathédral d'Esztergom de transcrire la bulle du pape Martin V reconnaissant aux Frères mineurs le droit d'ensevelir des non-religieux dans leurs églises.

    < KARÁCSONYI, I, p. 166

    Testaments

    Date Testateur Sociographie Legs Service Détail
    1277 Ladislas, grand prévôt du chapitre cathédral d'Esztergom Membre(s) du clergé séculier intermédiaire 2 livres

    Le grand prévôt de la cathédrale d'Esztergom nommé Ladislas (magister L. prepositus Strigoniensis), dans son long testament débutant par un préambule laconique (volens pocius sub timore mortis vivere, quam sub spe vite mori) et mentionnant principalement des clercs ou des églises à qui il laisse des biens meubles et immeubles, lègue 2 livres aux frères mineurs d'Esztergom :

    • Distinctiones Mauricii per alphabetum super dictionibus theologicis
    • un « Psautier glosé » (Psalterium glossatum)

    Le testament mentionne de nombreux autres livres, dont le testateur précise qu'ils seront vendus (pour la réparation de telle église, pour les pauvres, etc.).

    Ladislas lègue simultanément aux Dominicains d'Esztergom, mentionnés deux items plus haut, les Moralia in Job (Moralia Gregorij, in uno volumine completa).

    < Monumenta Ecclesiae Strigoniensis, II, p. 71 n°54

    1364 NIcolas de Baracska, familier du roi Louis I Aristocrate(s), baron(s), magnat(s) 3 chevaux, des armes, des objets de valeur Enterrement au couvent sans l'habit

    Nicolas de Baracska, fils de Jacques, familiaris du roi Louis Ier, prévoit dans son testament, dressé en 1364 devant le frère Jean, à Visegrád, d'élire sépulture au couvent franciscain d'Esztergom (première clause du testament),

    et il lui fait don de 3 chevaux, d'armes et de son équipement de chevalier :

    In primis eligo sepeliri in claustro Beate Virginis de Strigonio apud fratres minores, et portabunt dum funere meo tres equos videlicet peg coloris et Rohzar coloris, et alium equum quem equito continue ; item duos ciphos et in duabus lucernis XX florenos ; item arma mea et indumenta.

    Suivent les dons meubles et immeubles consentis à ses proches.

    Aucun mobile spirituel n'est énoncé.

    < Hazai oklevéltár, p. 276-277, n°257

    1387 Jean, curé de Saint-Jean-Baptiste de Tata Membre(s) du clergé séculier intermédiaire ferme de Tata

    Sauf fausse déclaration des frères (voir supra, Biens fonciers), le curé de Tata nommé Jean avait prévu dans son testament, dressé avant (décembre) 1387, de léguer une ferme (curia) située à Tata pour moitié aux Franciscains d'Esztergom, pour moitié aux Ermites pauliniens de Csatka.

    < MNL DL 7334 ; Zsigmondkori Okl, I, n°342

    Indulgences

    Date Donneur Indulgence
    1400 Pape

    1er mai 1400 : entre autres églises ou communautés religieuses d'Esztergom et de ses environs, les Franciscains d'Esztergom obtiennent des indulgences de 7 ans (...) du pape Boniface IX

    < Monumenta Vaticana Hungariae, IV, p. 201-203, n°252 ; FEJÉR (éd.), CD, t. X, vol. 2, p. 792-795

    Autres dons

    Date Donateur Sociographie Service Dons
    1352 Louis I d'Anjou, roi de Hongrie Roi ou prince Prières de recommandation

    Lorsque le roi Louis Ier céda le 29 juillet 1352 une chaîne en or d'une valeur de 404 florins aux frères du couvent franciscain d'Esztergom, il le fit en leur demandant d'être enseveli sur place et recommandé à leurs prières.

    On lit dans la Chronique de Dubnić :

    Cuius probacio manifesta ex hoc habere disnoscitur, quia rediens in Hungariam [...] dedit eidem unum cingulum cathenarum aurearum de puris quadringentis et quatuor florenis fabricatarum ut ipsum tanquam ibi sepeliendium Fratres claustri supradicti haberent recommendatum.

    < Historiae Hungaricae Fontes Domestici, III, p. 159

    Rayonnement social

    • à la fin du XIIIe siècle, un exemple de recrutement nobiliaire :

    Vers 1280, noble Gothard de Ludány (frater Gothhardus de ordine fratrum minorum, nobilis vir de Ludan) était frère au couvent d'Esztergom ; son frère (défunt) était le comes Chaba.

    < KUBINYI (éd.), Codex diplomaticus Arpadianus, I, p. 119-120, n°142

    10 - Autres


    Autres

    1261 (23 mars) : les frères du couvent franciscain d'Esztergom obtiennent du pape Alexandre IV l'ordre donné par lui, "pour la paix et la tranquillité des frères", à l'archevêque d'Esztergom de faire en sorte qu'aucun "monastère, oratoire ou édifice régulier ou de personnes séculières" ne puisse être construit à moins de 300 cannae de leur couvent..

    < MFL DF 275461