Couvent franciscain Sainte-Marie de Târgu Mureș / Marosvásárhely (1)

Rédaction : Terminée

1 - Identifiants et bref historique du couvent


Identité

Auteur principal : de CEVINS Marie-Madeleine
Auteur(s) secondaire(s) :
Ordre : OFM
Numéro sur les cartes : 276
Coordonnées (lon,lat) : 24.566436,46.546519
Fonction du couvent :
Proximité lieu de rassemblement : Enceinte urbaine
Présence d'un autre couvent mendiant : Oui

Carte

Résumé

v.1305 Construction de la première église et de deux bâtiments en bois pour les Frères mineurs installés dans cette petite ville de marché éloignée des plus importantes villes de Transylvanie

1316 (ou 1334, selon la datation adoptée) Première mention écrite du couvent franciscain de Târgu Mureș dans les listes de l'ordre

v.1390-1400 Travaux importants : construction à proximité du premier site de la seconde église (actuelle église calviniste) et de l'aile nord du complexe monastique

1400 Mention de la fête de l'Annonciation dans les indulgences pontificales, ce qui laisse penser qu'elle portait le vocable complet de Notre-Dame de l'Annonciation

1444 Transfert du couvent à l'Observance, à l'initiative de Jean de Hunyad (ce qui ne laisse subsister en Transylvanie que trois couvents franciscains conventuels : Bistrița, Sibiu et Orăștie)

Localité

Localité actuelle : Târgu Mureș
Localité en allemand : Neumarkt, Neumarkt am Mieresch
Localité en hongrois : Marosvásárhely
Type de localité : Petite ville de marché
Sociographie de la localité : Marchand(s) et artisan(s)

Custodie - Province - Pays

Custodie : Transylvanie
Province mendiante en 1500 : Hongrie
Province mendiante entre 1220 et 1550 Année début Année fin
Hongrie
Pays actuel : Roumanie
Pays entre 1250 et 1550 Année début Année fin
Royaume de Hongrie

Fondation

Début date de fondation : 1300
Fin date de fondation : 1334
Date de fermeture : 1444

Premier établissement franciscain installé à l'origine dans une ancienne résidence seigneuriale, sans doute donnée aux frères par le roi ou le voïvode de Transylvanie, en attendant la construction de leur église (que la dendrochronologie permet de dater du tout début du XIVe siècle, après 1303 et avant 1306) et de leur couvent.

< SOÓS 2015, p. 102

Fondateur

Fondateur :
Sociographie :
Taille :

2 - Documentation connue sur le couvent


Bibliographie générale

KARÁCSONYI János, Szent Ferencz rendjének története Magyarországon 1711-ig, Budapest, 1922-1924, t. I, p. 203

ROMHÁNYI Beatrix, Kolostorok és társaskáptalanok a középkori Magyarországon, Budapest, 2000, p. 71-72

Aspects économiques

SOÓS Zoltán, « Craftsmanship in a Medieval Franciscan Friary. A Medieval Bronze Workshop Excavated at the Tîrgu Mureş (Marosvásárhely) Franciscan Friary », Studia Universitatis Babeş-Bolyai, Historia 60 n°1 (June 2015), p. 97-132

SOÓS Zoltán, « The Franciscan Friary of Târgu Mureş (Marosvásárhely) and the Franciscain Presence in Medieval Transylvania », dans K. SZENDE, J. A. RASSON, M. SEBŐK (dir.), Annual of Medieval Studies at CEU vol. 9 (2003), Budapest, CEU, p. 249-274

SOÓS Zoltán, « A marosvásárhelyi ferences templom és kolostor. A ferences rend szerepe Marosvásárhely fejlődésében », dans Arhitectura Religioasă Medievală din Transilvania, Satu Mare, 2002, p. 146-180

SOÓS Zoltán, « Les Mendiants dans l'économie de la Transylvanie médiévale : l'exemple des Franciscains de Marosvásárhely (Târgu Mureş) », Études franciscaines n.s. 6 (2013, fasc.1), p. 57-82

Sources

Sources imprimées :

Monumenta Vaticana Hungariae. Vatikáni Magyar Okirattár, Series I, Budapestini, 1887-1891, t. IV, n°CCCXXIX p. 274 (= indulgences pontificales, 23 novembre 1400)

Au total, le nombre de documents textuels se rapportant à ce couvent et à ses biens se limiterait à une douzaine (< SOÓS, p. 63).

3 - Discours et normes économiques des frères du couvent


4 - Décideurs, agents et intermédiaires économiques


5 - Biens et revenus fonciers (stables) du couvent


Possession :

Ce couvent aurait exploité à la fin du XVe siècle des viviers à poissons, peut-être pour sa propre consommation, depuis une date inconnue.

< SOÓS 2013, p. 63

Evolution :

En admettant qu'ils en aient la jouissance avant, les frères conservèrent l'usage de ces viviers après le passage à l'Observance.

Précisions :

Les frères exploitaient ce moulin à la fin du Moyen Âge, depuis une date inconnue, pour moitié avec les Ermites de saint Paul.

< SOÓS 2013, p. 63

6 - Biens et revenus non fonciers du couvent


Observations :

Les fouilles archéologiques effectuées sur le site du couvent à partir de 1999 (sous la direction d'Adrian Andrei Rusu puis de Zoltán Soós) ont mis en évidence la présence de plusieurs ateliers artisanaux, dont certains antérieurs au transfert du couvent à l'Observance, même si le maximum de la production semble avoir été atteint à la fin du XVe siècle :

Le nombre impressionnant d'articles ratés et de matériaux bruts (corne, bronze, sceaux textiles) retrouvés prouve qu'au moins deux ateliers fonctionnaient dans ce couvent

- l'un fabriquait des objets de bronze (ce qui est exceptionnel pour un couvent mendiant) : aiguilles, stylets, anneaux sigillaires, matrices de sceaux, dés à coudre, accessoires de reliure (dès la seconde moitié du XIVe siècle, bien avant la première mention écrite d'un scriptorium dans ce couvent en 1522) et ornements vestimentaires rudimentaires

- le second atelier fabriquait des objets d'os ou de corne ou de bois de cerf (ouvert sans doute au début du XVe siècle, lorsque le couvent serait devenu centre de pèlerinage) : boutons, chapelets, dés à jouer et au moins une croix pectorale en coquillage d'eau douce

La découverte d'un sceau textile en plomb (fermant un ballot de textile importé d'Ulm, d'après le sceau), ajoutée à la mention de frères artisans, tailleurs ou cordonniers, permet de penser que le couvent revendait ou travaillait aussi le textile.

En outre, il semble qu'une boucherie ait fonctionné dans ce couvent.

Au total, la production de ces ateliers répondait manifestement non seulement aux besoins des frères mais aussi à ceux d'une partie des habitants de la ville et des gens de passage (dont les pèlerins). Cela s'expliquerait par le relatif enclavement de la ville par rapport aux lieux de production et aux grandes voies du commerce.

< SOÓS 2013, 2015

Bilan

Importante activité artisanale, qui faisait du couvent un acteur économique local de premier plan (l'atelier de bronze fonctionna jusqu'au XVIIIe siècle, donc bien après la fermeture du couvent) ; c'est le premier et le seul exemple connu en Transylvanie.

< SOÓS 2015 p. 121

7 - Structure des dépenses du couvent


8 - Cadre de vie des frères : bâtiments et équipement


Eglise conventuelle

Période Etat Nef - Choeur - Plan Phases Obs.
v.1300 puis v.1390-1400

Destructions importantes au XVIIe siècle. Église partiellement conservée, en particulier le clocher (qui date d'après le passage à l'Observance), la sacristie et une chapelle. Actuel temple calviniste.

Photo Compl.

Source : SOÓS 2015, p. 124 fig.1

Agrandissement

4 phases (dont 2 antérieures au transfert à l'Observance) :

  1. v.1300 : construction de la première église et de bâtiments en bois
  2. v.1390-1400 : construction d'une nouvelle église, de la sacristie et de l'aile nord du complexe
  3. v.1445 : après le passage à l'Observance, nouveau clocher
  4. v.1480-1490 : fortification du couvent pour le protéger des incursions ottomanes par le voïvode Étienne Báthory

< SOÓS 2015, p. 102-103

Les indulgences pontificales de 1400 (voir Indulgences) viennent ponctuer une phase de travaux dans le choeur : elles ont été accordées à l'intention de ceux qui contribueront à des travaux sur le maître-autel :

ad conservationem ipsius [altaris maioris in honore beate Marie virginis] manus porrexerint adiutrices

Bâtiments conventuels

Plan Compl. Ornementation

Plan du complexe monastique (en couleur, les bâtiments du XIVe siècle, en gris, les bâtiments du XVe siècle)

Source : SOÓS 2015, p. 122

Photo Compl.

Source : SOÓS 2015, p. 103

9 - Economie du salut


Indulgences

Date Donneur Indulgence
1400 Pape

Le 23 novembre 1400, le pape accorde aux visiteurs et donateurs de cette église (et plus précisément de son autel de la Vierge) le jour de l'Annonciation (25 mars), jour de la fête patronale de l'église franciscaine, les mêmes indulgences qu'aux visiteurs de la Portiuncule ; il autorise le prieur (!), qu'il appelle son chapelain, Antoine le Sicule (Antonius Cicculus, ordinis fratrum Minorum professor, capellanus noster), et après lui ses successeurs (prior dicte domus) à désigner 6 prêtres pour confesser les fidèles pendant quatre jours ; ces indulgences sont octroyées "pour que le grand autel fondé en l'honneur de la Vierge dans cette église reçoive les honneurs qui lui sont dus" :

ut altare maius fundatum et dotatum in honore beatae Mariae virginis situm in ecclesia domus fratrum minorum in foro opidi Cicculi, Transsilvanae diocesis, a Christifidelibus congruis honoribus frequentetur et etiam conservetur

< Monumenta Vaticana Hungariae I/IV, n°CCCXXIX p. 274

Pèlerins

Le couvent était un centre de pèlerinage actif au XVe siècle.

< SOÓS 2013 et 2015 (sans indication de source)

Rayonnement social

Le gardien mentionné comme "prieur" du couvent dans la bulle d'indulgences de 1400 (Antonius Cicculus) était d'origine sicule.

10 - Autres