Couvent franciscain obs. Ste-Marie d'Egervár

Rédaction : Terminée

1 - Identifiants et bref historique du couvent


Identité

Auteur principal : de CEVINS Marie-Madeleine
Auteur(s) secondaire(s) :
Ordre : OFM Obs
Numéro sur les cartes : 201
Coordonnées (lon,lat) : 16.846473,46.845542
Fonction du couvent :
Proximité lieu de rassemblement : Place de marché
Présence d'un autre couvent mendiant : Non

Carte

Résumé

1490-1493 Fondation du couvent par Ladislas d'Egervár, ban de Croatie, dans sa ville natale ; après la mort de celui-ci en 1492, la construction est achevée en 1493 par son neveu Brice d'Egervár, évêque de Knin, qui s'y fait construire une chambre séparée pour s'y rendre puis y séjourner (de 1493 jusqu'à sa mort en 1523)

1496 Le roi Wladislas Jagellon accorde, à la demande de Brice d'Egervár, une exemption de taxes royales à tous ceux qui s'installeraient sur les terres en friche ou désertes situées à proximité du couvent

1523 Le patronage du couvent passe aux Kanizsa, puis aux Nádasd

1551 Les objets précieux du couvent sont confiés au patron, Thomas de Nádasd

1554 Dernière mention d'un gardien nommé dans ce couvent

peu après 1562 Ordre d'expulsion donné par le patron, François de Nádasd, passé au luthéranisme

Localité

Localité actuelle : Egervár
Localité en allemand :
Localité en hongrois : Egervár
Localité en latin médiéval : Egerwara
Type de localité : Bourgade
Sociographie de la localité : Marchand(s) et artisan(s)

Custodie - Province - Pays

Custodie : Uzsaszentlélek
Province mendiante en 1500 : Hongrie
Province mendiante entre 1220 et 1550 Année début Année fin
Hongrie
Pays actuel : Hongrie
Pays entre 1250 et 1550 Année début Année fin
Royaume de Hongrie

Fondation

Début date de fondation : 1490
Fin date de fondation : 1493
Date de fermeture : 1562
Précisions :

Fondateur

  • 1509 : moins de 12 frères (couvent désigné comme locus)
  • 1535 : 11 frères, dont 6 prêtres et 5 convers
  • 1558-1562 : 1 à 2 frères

2 - Documentation connue sur le couvent


Bibliographie générale

KARÁCSONYI János, Szent Ferencz rendjének története Magyarországon 1711-ig, Budapest, 1922-1924, t. II, p. 38-40

ROMHÁNYI Beatrix, Kolostorok és társaskáptalanok a középkori Magyarországon, Budapest, 2000, p. 22

Aspects économiques

Description architecturale :

http://www.egervar.hu/templom.htm?reloaded=true [site officiel de la commune d'Egervár, consulté le 10 juillet 2017]

Sources

Sources manuscrites :

Budapest, Magyar Nemzeti Levéltár [Archives Nationales Hongroises], Országos Levéltár (MNL)

  • DL 20518 (= exemption royale accordée à tous ceux qui s'installeront à proximité du couvent et adressée aux agents du roi Wladislas Jagellon, 5 janvier 1497)
  • DL 20782 (= transcription de la plainte adressée au roi Wladislas II par Claire Bánffy, veuve du fondateur du couvent, au sujet de spoliations causée par Brice d'Egervár, nouveau patron du couvent, 29 novembre 1498, transcrit le 30 décembre 1498 par le monastère de Zala)
  • DL 20784 (= transcription intégrale de la plainte de Claire Bánffy à l'encontre de Brice d'Egervár l'accusant d'avoir affecté les briques et les tuiles destinées initialement à la construction de ce couvent à d'autres fins, 29 novembre 1498, transcrit le 7 janvier 1499 par le monastère de Csorna)

Sources imprimées :

BUNYITAY Vincze, RAPAICS Rajmond, KARÁCSONYI János, Monumenta ecclesiastica tempora innovatae in Hungaria religionis. Egyháztörténelmi emlékek a magyarországi hitujítás korából, Budapest, Szent István Társulat, t. I-V, 1902-1912, t. II, p. 498 (= réaffectation de la zone de quête du couvent de Kőröshegy à ce couvent, 1542)

3 - Discours et normes économiques des frères du couvent


4 - Décideurs, agents et intermédiaires économiques


Patronus

Identité Lignage Origine Commentaire
Ladislas d'Egervár Egervár Aristocrate(s), baron(s), magnat(s), Membre(s) du haut clergé séculier

C'est le fondateur, le baron Ladislas d'Egervár, qui exerce le patronage dès la création du couvent et jusqu'à sa mort en 1492, puis son neveu Brice, évêque de Knin, lequel choisit de résider sur place - son siège de Knin (Croatie) étant devenu impraticable depuis la chute d'Udbina en août 1493 - , en se faisant construire une chambre séparée (appelée par la suite "maison de l'évêque").

< KARÁCSONYI II, p. 38-39

Dans une charte du 29 novembre 1498 (voir infra), Claire Bánffy, épouse puis veuve de Ladislas d'Egervár, dit que feu son mari avait fait construire ce couvent sur sa terre d'Egervár pour le salut de son âme et celui de ses parents :

claustrum ad honorem Virginis Marie in dicta possessione sua Egerwara in comitatu Castriferrei existens habita fratribus ordinis minoris beati Francisci confessori pro sua et parentum suorum animarum salute construere et edificare reperit et in maiori parte iam construxerit et edificaverit

< MNL DL 20784

Après la mort de son mari puis son remariage avec Georges de Kanizsa, Claire Bánffy se plaint au roi à deux reprises le 29 novembre 1498 de l'attitude de Brice d'Egervár :

  • la première plainte reproche à l'évêque Brice d'Egervár une série de spoliations matérielles, sans mentionner explicitement le couvent ; une enquête est décidée.
    < MNL DL 20782
  • la deuxième plainte, datée du même jour, accuse Brice d'Egervár d'avoir affecté, autour du 8 septembre précédent, les briques et les tuiles destinées initialement à la construction de ce couvent à d'autres fins (il en aurait donné 2000 à l'évêque de Veszprém Jean), lui causant ainsi préjudice :

quamplures lateres et tegulas pro constructione et edificacione dicti claustri dispositas et in eadem Egerwara repositas et locatas, nescitur quo spiritu ductus pro se ipso recepisset et occupasset, ex quibus duo milia, reverendo domino Johanni episcopo ecclesie Wesprimiensis dedisset et contullisset, alias vero quo sue placuisset voluntati fecisset potens medians in preiudicium et dampnum pre appellate domine exponendum valde magnum.

< MNL DL 20784

János Karácsonyi (II, p. 39) voit dans ces accusations un mensonge motivé par des rancoeurs personnelles - ce que peut effectivement laisser entendre le premier document.

Toujours est-il qu'elles ne semblent pas avoir eu de suites (judiciaires ou matérielles).

lignage des Kanizsa Kanizsa Aristocrate(s), baron(s), magnat(s)

Les membres de la famille des Kanizsa, alliés par mariage aux Egervár (la veuve de Ladislas d'Egervár, Claire Bánffy de Lendva a épousé en secondes noces Georges de Kanizsa) exercent le patronage sur ce couvent au plus tard à partir de 1523, date de la mort de Brice d'Egervár, neveu du fondateur.

< KARÁCSONYI II, p. 38

Thomas de Nádasd Nádasd Aristocrate(s), baron(s), magnat(s)

Les Nádasd, plus exactement Thomas de Nádasd, époux d'Ursule de Kanizsa, exercent le patronage sur ce couvent à la suite des Kanizsa, jusqu'à l'expulsion des frères en 1562.

C'est à Thomas de Nádasd que sont confiés en 1551 les objets précieux du couvent, à l'exception de ceux conservés à la sacristie, pour qu'il les conserve en lieu sûr.

< KARÁCSONYI II, p. 39 (d'après un document non coté des archives de Gyöngyös)

Le palatin Thomas de Nádasd se fit enterrer au couvent le 9 juin 1562 selon une notation de l'époque.

< KARÁCSONYI II, p. 39-40

Son fils François, converti au luthéranisme, ordonne peu après l'expulsion des frères.

5 - Biens et revenus fonciers (stables) du couvent


6 - Biens et revenus non fonciers du couvent


Date de mention : 1496
Observations :

Le couvent comptait sur les dons des habitants des environs pour subvenir à ses besoins. En témoigne la demande faite en 1496 au roi de Hongrie Wladislas II Jagellon par le patron du couvent, Brice d'Egervár, évêque de Knin et neveu du fondateur, d'accorder des exemptions fiscales à tous ceux qui viendraient s'installer sur les lopins en friche et inhabités situés à proximité du couvent.

Le roi Wladislas accéda à cette requête par une charte datée du 5 janvier 1497 et adressée à tous les agents du roi (prélats, barons, châtelains, officiers nobles, juges et recteurs des villes, etc.), qui reconnait avoir accordé perpétuellement (in perpetuum) ce privilège d'exemption fiscale valable sur toutes les contributions royales, sur terre et sur les eaux (a solucione tributorum et theoloniorum nostrorum scilicet regalium et aliorum quorumcumque tam in terris quam super aquis vbinis exigi solitorum), applicable à tous les biens des bénéficiaires situées dans le royaume de Hongrie, à tous les paysans (universos iobagiones et iobagionalis condicionis homines) qui viendront s'installer à proximité sur les terres incultes ou désertes, ou occupées par des bâtiments désaffectés, situées à proximité du couvent :

in illa scilicet loca, que nunc deserta et desolata ac edificÿs carencia iuxta claustrum existunt sub confidencia presencium de novo moraturi advenerint, sive etiam desertas et ruinosas domos instauraverint

La charte précise que la demande a été faite (puis accordée) pour la subsistance des frères :

pro sustentacione religiosorum fratrum minorum ordinis sancti Francisci de Observancia in claustro beatissime Marie Virginis in oppido Egerwara per condam magnificum Ladislaum de eadem Egerwara nuper de novo constructo degentibus.

< MNL DL 20518

Date de mention : 1542
Possession :

En 1542, le chapitre provincial transfère la zone de quête (contratae) du couvent de Kőröshegy à celui d'Egervár :

Item fratres loci de Egerwar habeant contratas [suscrit d'une autre main : quaestas] olim loci de Kewrewshegh, utpote Sarmelleketh, ut petitur, si illo ire audent.

< BUNYITAY et alli (éd.), t. II, p. 498

7 - Structure des dépenses du couvent


8 - Cadre de vie des frères : bâtiments et équipement


Eglise conventuelle

Période Etat Nef - Choeur - Plan Equipements
1490-1510 env.

L'église, aujourd'hui paroisse catholique, a été incendiée en 1664 par les Ottomans, puis profondément transformée au milieu du XVIIIe siècle en style baroque, bien que la structure reste d'origine.

Photo Compl.

Église en briques à une seule nef ; choeur à fermeture polygonale.

Dimensions : 40,4 m de long sur 13 m de large ; clocher unique, à la croisée du transept.

< ROMHÁNYI, p. 22

Source photo

Obs. :

En 1551, les objets précieux conservés au couvent sont remis au patron, à l'exception de ceux conservés à la sacristie.

< KARÁCSONYI II, p. 39 (d'après un document non coté des archives de Gyöngyös et sans liste détaillant le contenu du trésor liturgique de l'église)

9 - Economie du salut


Tombes

Date réalisation Identité Condition Sociographie Observations
1562 Thomas de Nádasd Laïcs Aristocrate(s), baron(s), magnat(s)

Le palatin Thomas de Nádasd, patron du couvent, se fit enterrer au couvent le 9 juin 1562, selon une notation de l'époque. La tombe n'a pas été retrouvée.

< KARÁCSONYI II, p. 39-40

1515

Tombe de style Renaissance en marbre rouge réalisée en 1515, probablement pour un membre du lignage d'Egervár (Brice ?), et placée aujourd'hui sur le mur sud du choeur.

< http://www.egervar.hu/templom.htm?reloaded=true [10.VII.2017]

Rayonnement social

Forte implication des patrons, issus de la haute aristocratie, dans le fonctionnement matériel du couvent (voir supra).

Le recrutement des frères (prêtres et frères lais) se faisait, d'après les noms indiqués sur les listes internes des années 1531-1554, sur une base régionale, en Transdanubie.

< KARÁCSONYI II, p. 39

10 - Autres